Mon aventure au cœur de Paris 2024 : Volontaire, chauffeur et marathonien du quotidien

J’ai participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024, non pas en tant qu’athlète, mais comme bénévole.

En 2023, je m’inscris au programme des volontaires et réponds à un questionnaire visant à cerner ma personnalité. Par chance, je suis sélectionné ! Ma mission : chauffeur. Le hic, c’est que cela faisait plus de quinze ans que je n’avais pas conduit.

J’accepte malgré l’appréhension : je voulais absolument être de la partie et c’était l’occasion unique de conduire de superbes voitures que je ne pourrais jamais me payer.

Le premier obstacle a été professionnel : je venais tout juste de trouver un travail et je ne savais pas si j’allais pouvoir concilier les deux. Mais au prix de ma santé physique et mentale, j’ai réussi à jongler entre ces deux mondes, enchaînant des journées de 20 heures.

La remise en selle au volant

La reprise de la conduite s’est faite dans le bain bouillonnant du trafic parisien, au volant de véhicules récents, hybrides ou électriques, remplis de technologies. Il a fallu dompter en quelques minutes la boîte automatique, les gabarits imposants et la pression d’avoir des passagers de marque sur le siège arrière. L’appréhension des premiers kilomètres a vite laissé place à la concentration, puis au plaisir pur de rouler au cœur d’une capitale métamorphosée.

Dans l’intimité des délégations

Être chauffeur pour Paris 2024, c’est accéder à une coulisse privilégiée. Entre deux trajets entre le Village olympique, les sites de compétition et les hôtels, j’ai transporté des officiels, des membres de délégations et parfois des athlètes. Dans le silence du véhicule, les échanges étaient rares mais précieux : un merci sincère, un sourire fatigué après une épreuve, ou l’excitation d’une victoire partagée en direct. On devient un rouage invisible mais essentiel d’une immense machine.

Une fatigue extrême, mais zéro regret

Assurer mes journées de travail tout en effectuant mes vacations de volontaire relevait du marathon. Le sommeil est devenu un luxe. Pourtant, la fatigue accumulée s’effaçait à chaque fois que je mettais le contact ou que je croisais le regard des spectateurs en fête dans les rues.

Ce mois d’immersion totale m’a poussé dans mes retranchements. J’y ai retrouvé le goût de la conduite, mais j’y ai surtout gagné la fierté d’avoir apporté ma pierre à l’histoire des Jeux. Une expérience éreintante, hors du commun, que je ne regretterai pour rien au monde.